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19/11/2015

Pourquoi la France et Paris maintenant ?

La tragédie que nous venons de vivre le 13 novembre 2015 est amplement commentée dans les médias, qui expliquent avec plus ou moins de précision pourquoi Daech vise tout particulièrement la France ? Sans entrer en détail dans les considérations géopolitiques et, dans le prolongement de mon ouvrage « La Destinée de la France » et du précédent article « Je Suis Charlie », je vais aborder cette question sous l’angle du rôle très singulier de la France dans le concert des nations, plus particulièrement en cette période de changement d’ère et d’avènement de l’ère du Verseau.

Le rôle très singulier de la France

Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen

Selon Alice A. Bailey dans "la Destinée des Nations", le dessein de la France est de « dispenser la lumière » et notamment de révéler au monde la réalité de l’âme et son primat sur la personnalité. Encore faut-il pour cela que la France ait elle-même accompli ce chemin et soit guidée par son âme (Poissons) et non plus par sa personnalité (Lion). L’âme (Poissons) de la France est complexe, plurielle, diverse, contradictoire, dualiste (si tant est qu’une âme puisse l’être). Ainsi la France est souvent divisée, coupée en deux, opposant deux factions irréductibles : les Royalistes et les Républicains, les antidreyfusards et les Dreyfusards, les collaborateurs et les résistants, la droite et la gauche, les déclinistes et les optimistes, etc.
J’ai montré dans mon ouvrage que la France a apporté au monde les valeurs universalistes qui sont celles de l’ère du Verseau, à travers sa grande Révolution qui a ébranlé l’Europe des Empires à la fin du XVIIIème siècle et déclaré les Droits de l’Homme, repris et enrichis par l’ONU après les deux Guerres mondiales dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) de 1948. Ces droits se résument dans la devise trinitaire de notre République : Liberté, Egalité, Fraternité. Si ces droits sont bien posés, le défi est maintenant de les incarner pleinement, en France au niveau intérieur, en Europe, puis dans le monde pour tous les pays signataires de la Charte de l’ONU qui les reconnaissent comme « un idéal commun à atteindre » et s’engagent à les faire respecter « par l’enseignement et l’éducation »*. Pour l’heure le commerce des armes est plus florissant que les programmes éducatifs ! Si les pays occidentaux avaient  investi dans l’éducation en Afghanistan et en Irak, autant qu’ils ont dilapidé dans les guerres, en serait-on au même point ?
Ce n’est pas un hasard si le monde entier réagit aussi fortement aux attentats de Paris du 13 novembre, bien plus qu’il ne l’a fait lors des plus récents qui se sont déroulés en Turquie, dans un avion russe, ou à Beyrouth (pour ne citer que les plus récents et sans parler des violences quotidiennes en Syrie) : Barak Obama déclame le soir même du 13 novembre, la devise républicaine en Français comme porteuse de valeurs universelles, on illumine les monuments aux 3 couleurs du drapeau français (Bleu de l’amour, Blanc de la pureté, Rouge de la volonté), partout dans le monde ; on chante la révolutionnaire Marseillaise jusque dans le pays de sa Majesté, dans le stade de Wembley. Les réseaux sociaux font circuler le nouveau logo de l’évènement (une tour Eiffel dans un cercle) en symbole de paix. Par tous ces hommages, la France est ardemment rappelée à son destin universaliste ! Relèvera-t-elle le défi ? 



Le rôle de Paris : Ville-Lumière

Logo avec la Tour Eiffel

Comme capitale de la France, Paris joue un rôle très particulier de « porte-lumière de la France », et s’il n’a pas comme symbole majeur la statue de la liberté élevant un flambeau (monument dessiné par un Français néanmoins), il a sa Tour Eiffel. Que représente la Tour Eiffel au-delà du prodige technologique d’acier, posé comme par hasard sur le Champ de Mars (la planète rouge, pleine de Fer et qui symbolise le Fer en astrologie) ? Je laisse la parole au Maître indien, Parvathi Kumar, avec qui nous avons débattu lors des "Rencontres d’astrologie solaire d’Orient et d’Occident"* :
" Paris est une ville mondiale. Elle est construite en relation avec l’énergie du 7ème rayon**. Vous voyez tous les symboles maçonniques sur les structures de cette ville et beaucoup de symboles astrologiques. La plupart des vieilles constructions ont la sagesse maçonnique. Elle est bien soutenue par le fleuve qui coule au Nord-Ouest. Ce qui coule vers le Nord ou l'Est sont des énergies tournées vers l'esprit. Paris est la capitale de la France et représente son incarnation en termes d'énergies. La Tour Eiffel est un grand symbole de spiritualité. La Tour Eiffel est le grand symbole de la colonne vertébrale. Elle a 4 piliers dans les 4 directions. Ils représentent les 4 pétales de Muladhara et de là part une structure en mouvement ascendant vers Ajna, qui symbolise la lumière dans la tête. Et cette lumière brille désormais dans la nuit sur toute la ville. » Maître KPK ajoute qu’en érigeant la Tour Eiffel Paris et la France ont posé leur mission d’apporter la lumière de la conscience dans la monde au niveau du centre Ajna, c’est-à-dire la conscience bouddhique. Gros défi ! N’appelle-t-on pas Paris « La ville lumière » ?"
Spontanément un designer nantais résidant à Londres a dessiné, le soir du 13 novembre, une tour Eiffel dans un cercle, analogique au symbole de la paix, dont les réseaux sociaux se sont emparés… Ainsi l’espérance de lumière et de paix, à hauteur du centre Ajna, se propage dans le monde à partir de Paris. Le symbole est fort et les consciences sont au rendez-vous !


* En juin 2014 à Paris, à l’initiative de Thot. Un DVD existe avec la totalité des conférences de Thot, Samuel Djian Gutemberg, Maître Parvathi Khumar et Fanchon Pradalier-Roy. Voir l’article Paris et le rôle de la France.

** Le 7ème Rayon de l’Ordre Cosmique est celui qui prend graduellement place pour l’ère du Verseau et remplace le 6ème Rayon de l’Idéalisme qui a prévalu durant toute l’ère des Poissons que nous sommes en train de quitter.


Paris et l’esprit de Résistance : « Fluctuat  nec mergitur »

Le blason de la Ville de Paris

Le symbole pose une transcendance, c’est-à-dire une compréhension au-delà des rhétoriques mentales habituelles, il nous donne une vision de la réalité dégagée des visions convenues, il parle à un niveau supérieur de conscience, à une compréhension du cœur.
Le blason de la Ville de Paris représente un bateau toutes voiles dehors naviguant sur des flots et sur lequel est inscrit «Fluctuat nec mergitur», «Il est battu par les flots, mais ne sombre pas». On a vu une grande banderole qui le reprend sur la place de la République, posant l’esprit de résistance des Parisiens et de la Nation. On entend presque les paroles de de Gaulle le 25 août 1944, au soir de la libération de Paris : « Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! Par lui-même et avec le concours des armées de la France »*. Le hashtag est créé et circule, le navire ne sombrera pas, la libération est affirmée en perspective !



Quelle période de l’histoire vivons-nous ? De l’ère des Poissons à l’ère du Verseau

J’ai montré dans La Destinée de la France que, du fait du grand cycle entre Neptune et Pluton, nous sommes dans une période analogique à la Renaissance, mais avec une portée bien plus considérable car nous sommes au début de l’ère du Verseau. Les périodes de changement d’ère sont toujours longues et tumultueuses. Les valeurs de l’ère des Poissons, et son Rayon 6 d’idéalisme (en particulier religieux), de dualisme et d’antagonisme, résistent à travers les êtres tournés vers le passé et des structures communautaires fermées et totalitaires. Le but de l’ère des Poissons était que les êtres humains construisent une conscience individuelle à travers un mental solide et structuré. Cela revêt un inconvénient de taille : comme le mental est constitutionnellement séparatif, les hommes se sont individualisés certes, mais ils se sont séparés les uns des autres et cultivent plus la compétition et la différence que la solidarité et l’unité. L’unité, la fraternité, la solidarité, l’équité, sont les valeurs de la nouvelle ère qui doivent s’imposer peu à peu. Si la France est particulièrement visée par les tenants des anciennes valeurs, c’est que justement elle est à l’avant-garde des nouvelles, et en quelque sorte sommée d’en répondre !
L’entrée dans l’ère du Verseau marque par ailleurs le retour de la Grande Année de 26 000 ans (12 ères de 2140 ans) célébrée par Platon, avec l’entrée dans l’Âge d’Or, de paix de fraternité et d’abondance sur la Terre. Il ne s’agit pas d’une prophétie, mais d’une Réalité inscrite dans les Mémoires collectives. Les Mayas classiques ont signalé tout particulièrement cette période avec une astrologie singulière dont on a seulement retenu qu’elle prophétisait la fin du monde pour 2012*. C’était la fin « d’un » monde et forcément le début d’un autre ! On doit quitter l’ancien paradigme mécaniste et dualiste (dont l’apogée est la physique de Newton) pour entrer dans le nouveau paradigme, aussi unitaire que trinitaire, fluctuant et mouvant, qui est proposé par la physique quantique.
Comme nous l’avons vu, la France a apporté au monde les valeurs du Verseau, mais  il faut les mettre en œuvre, jusqu’au bout, jusqu’à ce que tout humain soit intégré et non pas discriminé et rejeté. L’avènement du Verseau mobilise tout l’axe Lion/Verseau de l’individu et du collectif, mais aussi toute la croix fixe (avec son horizontale Taureau/Scorpion) pour la coexistence des multiples singularités et leur intégration dans une communauté humaine unie, c’est l’unité dans la diversité, et ce n’est pas le nivellement des individualités selon des critères imposés par des fanatiques. Cela demande aux individus une véritable transmutation dans le Scorpion, pour quitter une vision binaire (la Balance) et intégrer des dimensions plus subtiles et invisibles de la Vie, qui permettent ensuite de donner un sens et une direction dans le Sagittaire.


* Voir "Le Code Maya", Barbara Hand Clow, éditions Alphée et Pocket, 2008.

Et dans "La Destinée de la France", page 55.


Le difficile et nécessaire passage dans le Scorpion

Le 8ème travail d'Hercule dans le Scorpion

Le Scorpion nous met au défi de quitter une vision mentale dualiste pour une perception plus subtile de la Vie, incluant une nouvelle dimension de la mort. Pour entrer dans le Verseau et ouvrir sa conscience à des réalités plus subtiles, notre humanité est actuellement embourbée dans les marais du Scorpion (les marais des travers humains et surtout du mental), tel Hercule combattant contre l’hydre de Lerne  comme je le présentais dans un précédent article « Quel est le sens de la crise que nous traversons ». Comme Hercule nous devons comprendre qu’il ne s’agit pas d’éradiquer une à une les 9 têtes de l’hydre (qui repoussent à mesure) dans un éternel combat extérieur, car les têtes (qui représentent les 9 principaux défauts humains) repoussent à mesure. Il s’agit d’en venir à bout globalement, par une vision plus haute et avec humilité. Hercule s’agenouille dans la boue du marais, prend l’hydre à bout de bras et met le monstre et ses têtes dans la lumière qui en perdent aussitôt toute vigueur et meurent. L’enseignement donné par son maître est clair : « Nous nous élevons en nous agenouillant, nous conquérons en nous rendant,  nous gagnons en cédant ».
Méditons cet enseignement à l’heure où la seule logique de guerre semble l’emporter.
Les défauts de l’humanité que représentent les têtes de l’hydre sont intéressants à considérer : la dépendance à ses désirs et pulsions, l'attachement excessif à soi et à son bien-être au détriment des autres, la peur, la haine, la prédation abusive de richesses, la soif de pouvoir et de domination et, parmi ceux du mental : l’orgueil, la séparativité et la cruauté. L’idéologie totalitaire de Daech qui a pour stratégie « d’administrer la sauvagerie », ne serait-elle pas une pathologie et un symptôme des disfonctionnements de nos sociétés capitalistes, individualistes, cyniques  et séparatives ?

Le défi lancé aux Français : ne pas se diviser et s’élever

Pierre Bourdieu avait prévu, en 2001, dans le film de Pierre Carles "la sociologie est un sport de combat", que, vu leur capitulation devant les forces du marché, nos états occidentaux modernes finiraient par réduire leurs pouvoirs à ceux de leur police, et de leur armée  …. Nous y sommes ! Si l’impulsion d’une évolution ne vient pas d’en haut, par une direction et une vision, il appartient aux Français de se réveiller, de relever le formidable défi qui est posé. Sri Aurobindo remarquait : « Dieu prépare l’homme et le moment : sans l’homme le moment est une occasion perdue ; sans le moment l’homme est une force inopérante. L’union des deux change les destinées des nations. »
Au-delà de Paris toute la France et tous les Français sont touchés. Le 7 Janvier, à travers Charlie Hebdo, les terroristes s’en prenaient à la liberté d’expression si chère au monde occidental. Là c’est une certaine France qui a été touchée, jeune, festive, cosmopolite, de toute origine et de toute confession. C’est une France libre, ouverte, moderne et prospère, qui a une vision sur son propre avenir, et du pouvoir suffisant pour le créer. Mais il y a une « autre France ».
La République et un avenir commun reste pour trop de jeunes une déclamation, une abstraction. L’Etat déserte les campagnes et les cités : plus de bureau de poste, plus d’école, plus de lieux de culture, plus de bibliothèque. L’école, où la mixité est absente, ne joue plus son rôle intégrateur. Il n’y a pas de lieu de rencontre cosmopolite : seulement les stades (justement visé par les terroristes). Les quartiers visés par les terroristes (10ème, 11ème) sont des quartiers de grande mixité mais en cours de gentrification, pour les jeunes d’un certain niveau de vie et de culture qui ont des activités d’avenir, repensent et remodèlent le monde. Des deux côtés : une jeunesse séparée par un mur de verre, comme s’ils ne vivaient pas dans le même monde.

Un tournant générationnel majeur 

Pour ces jeunes disparus trop tôt, éliminés par une terreur aveugle, on parle déjà de «génération Bataclan »*. Comment nommer la génération perdue qui leur fait face avec des armes ? Dans un précédent article, je les ai nommés : « Les enfants perdus de la République ». La sociologie a de la difficulté à distinguer les générations, qu’elle réfère à des grands évènements ou des changements significatifs dans les modes de vie. L’astrologie a un outil magnifique pour le faire, et si peu utilisé, hélas : C’est le positionnement respectif des trois planètes dites transpersonnelles : Uranus, Neptune et Pluton.

On peut déjà distinguer un renouvellement de génération en fonction de la position de Pluton dans un signe du zodiaque comme je l'ai présenté dans un précédent article. Mais, plus précisément, l’organisation de la trilogie Pluton-Neptune-Uranus est déterminante. Un tournant générationnel majeur est intervenu avec les êtres nés entre 1995 et 2008, dont les plus âgés ont désormais 20 ans, et qui ont Pluton dans le Sagittaire (crise de sens et d’idéal, en négatif fanatisme religieux), Neptune dans le Verseau (idéal humain, de fraternité et de liberté, de fusion avec l’humanité, en négatif exclusion et rejet de l’autre), et Uranus en Verseau (participation à des groupes de connaissance, d’affinités et de reconnaissance, en négatif identification et repli communautariste). On pourrait voir dans cette génération le grand tournant vers la religion de l’Homme qu’annonçait Sri Aurobindo.

C’est dire si les jeunes de cette génération, partout dans le monde, sont travaillés par des forces collectives et des aspirations puissantes qu’il est si difficile d’incarner dans un monde de compétition et de lutte. C’est un devoir pour nos sociétés de veiller à leur ouvrir des perspectives à la mesure de leurs idéaux, de leur proposer l’éducation et la culture nécessaire pour qu’ils aient les moyens de les atteindre et ne se sentent pas impuissants, démunis et exclus, à défaut de quoi, les plus fragiles dans leur construction identitaire, ne pourront que se radicaliser dans une régression mortifère. C’est ce phénomène qui est à l’œuvre dans cette partie de la jeunesse qui part combattre en Syrie. Les meneurs ne sont pas animés par ce même idéal, mais ils se nourrissent de la naïveté et de l’élan de cette jeunesse qui afflue dans un élan qu’elle croit héroïque. Déréalisés, tels des héros de jeux vidéo sortis brutalement de l’écran, ils sont les marionnettes, les hologrammes, de ceux qui ont pris véritablement en main la console !


* Journal Libération du 16 novembre 2015.


Avoir une vision à long terme

Si nous restons collés aux évènements, nous allons entrer dans la peur et l’impuissance. La société française doit se réveiller à la mesure de ce défi et penser dans le long terme. Car si nous sommes bien à la même période qu’à la Renaissance, dans un long moment d’incubation du nouveau paradigme, qui doit se dérouler sur plus d’une centaine d’année depuis 1939,  ceux d’entre nous qui le portent en eux ont la responsabilité de l’actualiser, de l’incarner et d’éduquer les générations nouvelles dans ce sens d’une ouverture et d’une évolution, et non d’une régression.
Certains historiens font l’analogie avec la terrible guerre de Trente ans qui a ravagé l’Europe à la Renaissance, (entre 1618 et 1648) : ce n’est pas étonnant puisque nous sommes dans une phase cyclique analogique*. Mais ce n’est une fatalité que si nous n’ouvrons pas vers les opportunités d’une destinée commune parce que nous aurons honorés nos destinées individuelles singulières. C’est en allant au bout de nos singularités que nous construirons un avenir commun. « Pilote du vaisseau de l’humanité » selon Michelet, la France est ardemment attendue !


* Voir, sur ce sujet, les extraits de la conférence donnée à l’Entrepôt à Paris, en 2014.


Fanchon Pradalier-Roy, le 19/11/2015.




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