▲ Accueil ◄ Page précédente 

10/11/2016

Séisme, coup de tonnerre ou cauchemar ?

Un éclair pour se réveiller

Réveillons-nous !

Ce 9 novembre 2016, les résultats des élections américaines occupent tous les médias pour ne pas dire toutes les têtes. Les mots ne semblent pas assez forts pour qualifier le message que les USA, la première puissance mondiale, vient de délivrer à la planète avec l’élection de Donald Trump : un séisme, un coup de tonnerre, une onde de choc, un cauchemar, un 11-Septembre politique….

Si c’est un cauchemar il serait temps de se réveiller !

Les réponses sont-elles dans les Ciels individuels ?

Depuis quelques jours, sentant monter une vague inexorable, j’avais cherché des réponses dans les thèmes astrologiques des USA (la Constitution américaine de Philadelphie du 17 septembre 1786), et des deux protagonistes. Rien ne me semblait déterminant, même si les progressions du thème d’Hillary Clinton semblaient prometteuses (une Lune progressée venant de transiter son Neptune natal en Balance, transité par Jupiter), car le puissant magnétisme dégagé par la Pleine Lune d’éclipse natale de Donald Trump en Gémeaux/Sagittaire et en 4/10, avec un Soleil conjoint Uranus, (en écho à un même axe inversé de la Constitution américaine) semblait emporter toute raison sur son passage. Mais les Ciels individuels restent muets (y compris les nôtres !), devant la puissance des énergies collectives à l’œuvre dans cette période de l’histoire,  et des  élections de cette envergure sont de puissants échos aux énergies inconscientes qui agitent la planète en véritables ondes de choc planétaires. Dans le thème du jour, à l’heure de l’annonce du résultat définitif, elles se traduisent par une opposition Jupiter/Uranus au double carré de Pluton, c’est-à-dire que les droits Balance sont mis à mal par un nouvel ordre autoritaire qui tente de s’imposer (Pluton en Capricorne). Dit autrement, c’est sans doute plus clair : tout ce qui n’est pas considéré comme équitable (Jupiter Balance opposé à Uranus Bélier) est renversé et mis en lumière par la puissance destructrice de Pluton en Capricorne.
Le peuple américain a considéré qu’un nouvel ordre plus juste devait s’imposer ! Chacun a sa propre considération de l’ordre juste, bien entendu, et ce fut tout l’objet de la campagne électorale. Mais derrière ces visions relatives en fonction des niveaux de conscience individuels et des groupes d’opinion, le puissant transconscient collectif (Uranus actuellement en Bélier) est à l’œuvre, et ce qui n’est plus considéré comme équitable doit effectivement être balayé (Pluton en Capricorne).

Quelle période de l’histoire vivons-nous ?

Comme je le rappelle dans mes précédents articles : « nous vivons depuis 1939 une époque de changement de paradigme radical, d’une centaine d’années, analogique à la Renaissance, avec une portée bien plus considérable parce que nous entrons dans l’ère du Verseau ».

Les évènements-source du monde du Verseau remontent à la Révolution française (1789) et à la première Constitution américaine justement (de 1787), a commencé à s’imposer à l’après-guerre avec la création par les puissances alliées qui ont triomphé des fascismes, d’une organisation mondiale, l’ONU (dont l’acronyme est UN en anglais, magnifique expression de l’Unité des nations) posant une Déclaration Universelle des droits de l’Homme (DUDH), nouveau code d’éthique des nations signataires, et présentée « comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction ». Voilà bien un idéal formulé et une perspective offerte à toutes les nations, avec comme moyen d’y arriver l’enseignement et l’éducation. 

Mais cette Déclaration n’a qu’une portée « déclarative » et point juridique. L’Union européenne, en revanche, s’est créée dans cette perspective avec des textes juridiques qui engagent les nations signataires dans ce sens : la Convention européenne des droits de l’Homme *. Et nous voyons combien l’Europe actuelle a du mal à rester dans cette cohérence et se laisser contourner par les préoccupations économiques.
L’avènement du Verseau est sous l’égide du Rayon 7 qui exige une manifestation concrète (d’un Ordre cosmique) et non de rester dans l’idéalisme du rayon 6 qui a prévalu durant toute l’ère des Poissons. Les peuples, c’est-à-dire les inconscients collectifs, dans leur sagesse inconsciente, se rappellent à nous pour que l’on n’oublie pas d’incarner ces idéaux que sont les droits de l’Homme et qui sont pour le moment la perception la plus avancée de l’Ordre cosmique ! Ya plus qu’à se mettre à l’ouvrage !


* Cette Convention se réfère à la Déclaration universelle des droits de l’Homme, et, signée par tous les états membres, protège tout citoyen européen qui peut faire appel à une juridiction ad hoc, la Cour européenne des droits de l’Homme.


La mondialisation heureuse ?

Depuis plus de 70 ans maintenant (l’âge de Donald Trump, né en 1946, juste à l’après-guerre)  les nations signataires de la charte de l’ONU, dont les démocraties occidentales (et la « grande démocratie » américaine), peinent à organiser des institutions et des politiques qui répondent à cette utopie universaliste. Les actes ne sont pas à la mesure de ce qui a été posé comme intention, et l’on sait que toute intention crée une tension qui vise une réalisation. Cette tension est créatrice si l’on suit le sens de l’intention et devient destructrice si l’on se laisse tirer par le bas.

Un seul secteur s’est réellement mondialisé, de façon rapide et quasiment virale, le commerce et la finance. Le libéralisme économique, véritable dogme d’une sorte de religion économique mondiale prônée par les pays anglo-saxons, a phagocyté le libéralisme social. Partout les intérêts publics, les « communs », les considérations humaines, écologiques et de qualité de vie, reculent devant les intérêts particuliers du monde des affaires et de la finance mondialisée dont la gloutonnerie n’a ni limite ni pudeur.

Le développement inégalitaire est sans précédent * : à la colonisation politique a succédé la colonisation économique des pays pauvres dont les multinationales exploitent et siphonnent les richesses, sans soucis de redistribution locale, de conditions de vie et de travail. Les pays riches se désindustrialisent et la crise les a touchés en 2008 (lorsque Pluton  est entré dans le Capricorne), d’une force presque équivalente à la crise de 1929. Les états eux-mêmes s’affaiblissent et n’ont plus la main face à la finance mondialisé. L’Union européenne impose des politiques d’austérité pour rembourser des dettes aussi iniques que les politiques des banques qui les ont générées. Les acquis sociaux chèrement gagnés de l’après-guerre ne cessent de régresser, les inégalités se creusent, le sentiment de déclassement et la pauvreté touchent les peuples au sein même de l’Europe, qui en arrive à vendre un à un ses services publics, comme on l’a vu du port du Pirée en Grèce, ou plus près de nous de l’aéroport de Toulouse, initié par une de nos petits génies la finance en France, etc.
Selon Alain Badiou *, les seules catégories qui bénéficient pleinement et avec bonheur de la mondialisation sont bien sûr l’oligarchie mondiale, 10 % de la population, qui détient 86% des ressources disponibles, puis les classes moyennes (40% de la population totale) qui se partagent péniblement les 14% restant, sachant que la moitié de la population mondiale n’a aucune ressource. C’est dire la pression que vivent ces classes moyennes (vivant en majorité dans les pays occidentaux), soumises aux risques de perdre le peu qu’elles arrachent péniblement par leur travail ou les acquis sociaux, et sensibles à toutes les peurs xénophobes.  L’oligarchie s’est mise depuis longtemps hors de portée de toute contestation et à l’abri de tout partage. D’où cette haine des élites médiatico-politiques (liées peu ou prou à l’oligarchie), chez les peuples qui vivent dans le risque permanent du déclassement et de ne « compter pour rien », comme le reste de la population mondiale. On pourrait se demander pourquoi les populations ne se retournent pas contre les hyper-riches ? Sans doute comme avant les démocraties, le réflexe de soumission au « bon maître ». Tandis qu’il est plus facile d’en vouloir aux nouveaux aristocrates que sont devenus les intellectuels des médias, des sciences et de la politique : eux ne connaissent pas de frontière et vivent comme des poissons dans l’eau dans cette mondialisation de la connaissance. On en veut aux élites parce qu’elles bénéficient égoïstement de tous les privilèges sans les partager. Certainement, on leur en vaut aussi inconsciemment parce qu’elles sont sensées éduquer, cultiver, informer, gouverner, bref conduire leurs affaires pour le bien de tous, ce que la majorité oublie, occupée à plaire et collaborer avec les « bons maîtres »  qui les dirigent.


* Alain Badiou, "Notre mal vient de plus loin – Penser les tueries du 13 novembre", ouvertures Fayard, 2016.


Un fascisme contemporain ?

Nos sociétés sont devenues schizophrènes, elles génèrent l’inverse de ce qu’elles prônent, alimentant les frustrations et les déceptions. Pour Alain Badiou *, la subjectivité populaire suscitée par les méthodes du capitalisme mondialisé s’apparente à un fascisme contemporain dont le terrorisme est une illustration. L’élection de Trump en est une autre, c’est pourquoi elle sidère autant une partie de la population (non seulement américaine) qu’elle en réjouit une autre.
Grâce aux grands groupes de médias (y compris sociaux) mondialisés, les démunis, les laissés pour compte et ceux qui craignent d’être éjectés d’un système dont ils ramassent les miettes, « assistent au spectacle constant de l’aisance et de l’arrogance des élites »*. Quelle différence entre la soirée de victoire d’Obama en 2008, où les masses noires américaines se sentaient réparées dans leur dignité et leurs droits si longtemps bafoués, et celle digne d’un péplum de Trump qui pose avec son jeune fils et sa top model de femme tel un empereur de la téléréalité ? La fiction a fait irruption dans notre réalité, l’heureux lauréat de Koh Lanta a gagné les clés de la Maison Blanche !

Se réveiller et agir !

Mais peut-on s’exonérer des électeurs de Trump aux USA et de ceux du Front National en France ? Ils se sentent exclus des pouvoirs de décision et de transformation et suivent de ce fait le candidat qui se dit antisystème. Peut-on en quelque sorte faire comme eux, en les excluant de notre logiciel de compréhension et de ce que nous croyons être notre monde et qu’ils appellent le système ? N’ont-ils pas égale dignité ? Sont-ils illégitimes ? S’ils se sentent exclus par nous, il nous appartient de les inclure. Mais comment ? Certes pas en courant après eux, comme les médias commencent à le faire en s’empressant d’inviter Marine Le Pen au Journal de France 2 dès le soir du 9 novembre, ce qui contribue à la légitimer !
Elle sait ce qu’elle dit Marine Le Pen, en proclamant « ce n’est pas la fin du monde, mais la fin d’un monde », et elle surfe sur les énergies collectives à l’œuvre, comme savent le faire si bien tous les populistes à leur profit, en excitant les peurs. Elle oublie de dire à ses supporters que pour changer ce monde il faudra une vision, de la volonté, du temps, de la patience, des efforts, de la morale, de l’éducation, avec comme objectif non pas d’exclure une partie des autres pour mieux continuer à vivre entre soi, mais en réintroduisant l’humain partout où les logiques comptables l’avaient chassé, en incluant peu à peu, graduellement tous les protagonistes d’une nation (la nation est l’échelle même du système), et ceux qui s’en approchent, comme les réfugiés, parce qu’ils ont été chassés par les guerres que nous avons laissé prospérer et les prédations que nous laissons perpétrer. Et parce que ce sont nos prochains… Le « prochain », vous connaissez ? L’aimons-nous comme nous-mêmes ? Pour détricoter les droits de l’Homme et diviser une nation cela va vite, pour unifier, construire et reconstruire dans cette perspective, il faut du temps et une opiniâtreté sans faille. Qui portera une telle parole, un tel projet pour, à l’inverse du populisme qui exclut, mobiliser les peuples dans la réalisation d’un projet commun ?

Le projet est posé par les droits de l’Homme, il s’agit de l’incarner en toutes choses, là où nous sommes et dans ce que nous faisons. Réveillons-nous pour sortir du cauchemar de la mondialisation malheureuse qui prend les formes du terrorisme,  du trumpisme, et autres populismes. 

En cette période commémorative des attentats du 13 novembre en France, nous devrions nous en souvenir, car les mêmes causes produisent les mêmes effets. Lorsque nous sommes conscients des logiques à l’œuvre, nous sommes coresponsables de ce qui se passe et ne pouvons nous en exonérer même par une fine analyse. Car ce dont il est question se situe au-delà du mental, de la science et du raisonnement, et porte les jolis noms  de conscience, de morale et finalement d’amour !

Fanchon Pradalier-Roy, le 10/11/2016.




Télécharger l'article au format pdf