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04/01/2019

2019

Sommes-nous arrivés au bout du monde ?

L’astrologie est la science des symboles et des cycles. Nous avons, dès le 1er janvier, un symbole fort pour qualifier cette année 2019 à travers l’objet céleste le plus lointain jamais approché et baptisé du nom évocateur d’Ultima Thulé.

Un objet céleste aux confins de notre système solaire

   Ultima Thulé

Ultima Thulé, image de la Nasa

La sonde New Horizon lancée par la Nasa le 16 janvier 2006 pour explorer Pluton et les objets transneptuniens de la ceinture de Kuiper a survolé Pluton le 14 juillet 2015, puis est parvenue le 1er janvier 2019 à 3500 km d’Ultima Thulé, un petit corps repéré par des observations réalisées en 2014.

Au-delà de Neptune, notre système solaire comprend une ceinture d’astéroïdes* (la ceinture de Kuiper) appelée parfois le « grenier » du système solaire car y orbitent des corps célestes rocheux enrobés de gaz glacés (comme ceux des comètes), résidus du système solaire primitif, qui nous renseignent sur la formation de celui-ci.  Le plus gros objet connu, depuis 1930, est Pluton qui fut d’abord considéré comme la 9e planète avant de rétrograder au rang de planète naine par décision de l’Union astronomique internationale, le 24 août 2006. Il a une période de révolution de 248 ans selon une orbite très excentrée, avec un aphélie (distance la plus lointaine) à 7,4 milliard de km du Soleil et un périhélie (distance la plus proche) à 4,4 milliard de km du Soleil.

 Ultima Thulé a une période de 297 ans selon une orbite beaucoup plus circulaire que celle de Pluton, à 6,5 milliard de km du Soleil. Il est plus loin que Pluton lorsque ce dernier parcourt (comme en ce moment) la partie la plus proche de son périhélie et donc du Soleil, mais il n’est pas aussi éloigné que Pluton lorsque celui-ci orbite du côté de son aphélie.  Toujours est-il qu’il est actuellement l’objet le plus lointain du système solaire jamais observé d’aussi près.

Pouvons-nous y voir le symbole que nous atteignons actuellement les confins de notre système (solaire) et de notre monde ? C’est ce que tente d’évoquer le nom qu’on lui a donné. « Thulé » est le nom mythologique attribué au 4e siècle avant J.C. à l’ile la plus septentrionale au Nord de l’Europe, souvent attribué au Groenland, et « Ultima Thulé » évoque un bout du monde indépassable.


Note ; Pour comprendre la différence entre les planètes, les astéroïdes et les comètes, vous pouvez visionner le film sur la comète Elenin, que j'ai proposé en 2011.


Une année 2018 riche en commémorations et rebondissements

Défilé des Officiels sur les Champs-Elysées le 11 nov. 2018

L’année 2018 marquait le centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale en même temps que le soixantenaire de la Cinquième République, et le cinquantenaire de Mai-68. Si l’on n’a pas osé commémorer Mai-68 que certains espéraient de ce fait avoir complètement enterré, on a célébré le centenaire de l’armistice de 1918 avec faste, à Paris même, sur les Champs-Elysées, avec la présence des principaux grands de ce monde. Mais cela n’arrivait pas à masquer que l’ordre mondial, né de Yalta et de l’après-Deuxième guerre mondiale, était devenu obsolète.

Depuis 2010/2011 que je propose des analyses « astrogéopolitiques » sur ce site, j’explique qu’un écho de Mai-68 est prévisible dans le cours des années 2010, non seulement en France, mais dans le monde, à cause des carrés entre les planètes Uranus et Pluton qui s’étaient conjointes en 1965/66. Ainsi nous avons vu fleurir les Printemps arabes, les mouvements des Indignés ou d’Occupy Wall Street, les mouvements des Places, mais étonnamment très peu d’écho en France à part un « Nuit debout » aussi sincère qu’éphémère et surtout très parisien. Sans doute parce que les élections de 2012 et 2017 ont focalisé une certaine espérance de renouveau politique et social qui s’est trouvé à chaque fois déçu ! D’où l’énorme vague en retour des aspirations flouées ou trahies !

 Les gilets jaunes ou l’expression d’un peuple ignoré qui se donne à voir

Les gilets jaunes sur les Champs-Elysées

C’est alors que surgit en novembre le mouvement des « gilets jaunes », une semaine seulement après la commémoration de l’armistice de 1918. Après la célébration des poilus et du « soldat inconnu », en qui chaque village français peut se reconnaître, surgit le « Français inconnu » parce que jusqu’alors invisible des médias et des systèmes de représentation habituels ! Alors qu’ailleurs en Europe et dans le monde (aux USA, au Brésil) les peuples contestent en votant pour des représentants nationalistes, le peuple français s’exprime, fidèle à sa tradition révolutionnaire, et formule des aspirations de justice sociale.

Editorialistes, politologues, historiens et analystes de tous poils commentent à l’infini le phénomène. A quoi ressemble-t-il ? A la Révolution de 1789? A celle de 1848 ? A Mai-68 ? A tout cela assurément, comme à chaque fois qu’Uranus et Pluton sont au rendez-vous, mais dans une expression nouvelle et actualisée, forcément inattendue.

Dans mon précédent article mijoté lors d’un été étouffant : « D’une éclipse à l’autre, comment le ciel se rappelle à nous », j’expliquais que l’axe des Nœuds lunaires (l’axe des éclipses) se trouvant dans l’axe Lion/Verseau depuis mi-2017 jusqu’à fin 2018, activait les valeurs du Verseau de « Liberté, égalité, fraternité ». Elles se sont en effet activées en novembre ! Novembre, lorsque le Soleil est dans le signe fixe du Scorpion (charnière entre le Lion et le Verseau) et alors que Jupiter en sort justement pour entrer dans son signe, le Sagittaire. Or si le Scorpion piétine parfois dans sa colère, le Sagittaire a besoin d’un sens et d’une perspective, d’un but à atteindre pour se mettre en route !

La crise du politique, des institutions et des formes de représentation

Depuis que Pluton est entré dans le signe du Capricorne en 2008, toutes les institutions (le Capricorne) politiques, sociales et économiques sont entrées en crise. Comme toujours cela commence par les formes les plus lourdes et donc les plus matérialistes, en l’occurrence l’effondrement d’institutions financières que les états se sont empressés de renflouer faisant payer la dette à leurs peuples.  Car depuis les années soixante-dix (avec la présence de Pluton dans la Balance, signifiant une problématique d’« injustices » sociales) le dogme néolibéral obéit à la théorie du ruissellement, et s’il n’y a plus de riche ou de premier de cordée, les pauvres en bout de course ne recevront plus les miettes. Cette théorie entre en crise avec le transit de Pluton dans le Capricorne (de 2008 à 2023) qui fait justement carré au Pluton dans la Balance des années 1971 à 83. Ainsi lorsque le président Macron pour se dédouaner fait état d’une crise qui a commencé il y a 40 ans (cad au moment de sa naissance !) il est en quelque sorte dans le juste, sans forcément que sa vision le soit.

Pluton dans le Capricorne a pour œuvre de débusquer et de détruire tout ce qui n’est pas conforme à l’ « ordre juste » exprimé par Saturne. Or Saturne est lui aussi entré dans le Capricorne, justement au solstice d’hiver 2017, à l’aube de l’année 2018 qui se devait d’ajuster ou qui serait sinon bouleversée ! Elle le fut, et le peuple exprime désormais, mieux qu’un politologue patenté, passé par Sciences Po Paris, ce qu’il ne considère plus juste ! Et des propositions fusent, alors que tous les partis sont en crise et ne savent plus écouter ni faire remonter la « colère » du peuple !

Dans mon précédent article d’août 2018, et notamment dans le paragraphe « Les perspectives géopolitiques 2019-2020 », j’exprime que le cycle Pluton/Saturne commencé en Balance en 1982, se termine pour ouvrir un nouveau cycle dès janvier 2020, c’est-à-dire dans 1 an ! C’est dire si cette année 2019 (année de dynamique 3) est importante pour se fixer de nouvelles perspectives économiques, sociales et politiques plus justes !  De plus, 2019 s’est ouverte par une conjonction du Soleil à Saturne avec un orbe de 1 degré. Nous devons passer par l’entonnoir saturnien de la construction : Il faudra bien une année à ce Soleil (l’orbe d’1°) pour rejoindre la loi de Saturne.

2019, une année d’intelligence collective, versus l’intelligence individuelle ?

Carte du Ciel de l'année 2019 en France

La Cinquième République a été créée en 1958 dans un contexte de guerre, la guerre d’Algérie, et pour permettre à une autorité verticale de gouverner au-delà des majorités temporaires. Elle a été créée par un homme qui l’incarnait parfaitement parce qu’il avait, en juin 40, « sauvé l’honneur » de la France.  Un homme jeune, d’à peine plus de 40 ans, d’une intelligence brillante et qui prône l’émancipation et l’expression individuelle apte à donner des « premiers de cordée », tente de l’incarner tout aussi verticalement, mais son autorité est contestée. Que se passe-t-il ?

Tout d’abord notons que ce projet correspond plus au génie anglo-saxon qu’au génie profond des Français qui sont plus appelés à des formes d’émancipation collective. Par ailleurs, nous sommes obligés de constater que l’intelligence de quelques-uns ne suffit pas au bien-être de tous. Notre système de représentation est en panne car il accentue le processus de concentration du pouvoir de décision et de sélection sociale des gouvernants. D’après le chercheur Fabien Desage* nous sommes dans un modèle post-démocratique où la démocratie s’exerce sans les classes populaires qui sont  presque entièrement exclues des assemblées et ne peuvent exprimer leurs priorités. Les critères de compétence et de technicité priment. Le phénomène est le même en Europe, gouvernée par une technostructure qui s’est coupée du peuple et qui en ignore les besoins pressants, et même les expressions démocratiques, comme on l’a vu lors de la crise dite de la dette grecque. Ce besoin de réforme institutionnelle profonde s’il n’est pas écouté et canalisé avec justesse pour aboutir à des formes plus justes, aboutira assurément à des insurrections de plus en plus violentes ou à des expressions national-populistes mortifères.

Nicolas Hulot en démissionnant fin août 2018 de sa fonction de ministre de l’écologie constatait amèrement qu’il n’avait pas su combler le gouffre entre l’économie et l’écologie. Forcément un homme seul ne le peut ! C’est le gouffre entre un monde gouverné par les intérêts matériels privés de quelques-uns et un monde où le bien-être collectif du plus grand nombre est pris en considération.


* Fabien Desage, « Un système politique inégalitaire produit des politiques injustes », article de Médiapart du 31/12/2018.


D’ultima Thulé aux gilets jaune : un pont en construction entre les mondes

Comme Ulima Thulé nous l’annonce nous sommes bien arrivés au bout d’un monde : celui de l’exploitation sauvage des ressources de notre Terre et de l’épuisement des ressources humaines sacrifiées au dogme économique. Un pont d’expression collective horizontale est en train de se construire entre cet ancien monde matérialiste et le nouveau où l’humain et le respect de toute vie priment. Les gilets jaunes sont arrivés à point nommé pour nous signaler que nous sommes entrés en travaux de réalisation de ce nouveau monde-là !

Fanchon Pradalier-Roy, le 04/01/2019.




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